Samedi 3 Novembre

Nous voilà entré en Gujarat : à l'aéroport d'Ahmedabad, Shaila, toujours souriante, nous attend. Une petite étape à l'ashram de Gandhi pour se souvenir de cet homme qui a marqué le siècle précédent et fait découvrir un visage de l'Inde à beaucoup d'occidentaux : toujours autant d'enfants des écoles et toujours la même surprise de voir comment se passent ces visites. Les enfants défilent en file indienne, c'est le cas de le dire, tout le long des murs sans qu'aucune explication ne leur soit donnée ! Et pas un ne dit un mot !

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Etape rapide donc sur le chemin vers l'internat de filles. Shaila, qui est une travailleuse sociale, nous introduit dans un petit village d'intouchables où elle fait la distribution des prix d'un petit concours de carte de vœux de Diwali qu'elle a organisé pour les enfants. Nous y étions passés il y a 2 ans. Les familles semblent plus en confiance. Je suis un peu – à peine – moins déconcertée par le geste de bienvenue des indiens, le baisement de pieds. En fait cela n'a finalement rien d'une prosternation. Juste un petit geste rapide, parfois à peine esquissé, de la main de la bouche vers le pied. Et je l'ai fait à une vieille femme qui venait nous faire la salutation indienne traditionnelle , les 2 mains jointes. Le tuberculeux d'il y a 2 ans est toujours dans son coin, plutôt en meilleure condition, semble-t-il, et les fillettes, ici aussi, rêvent de Bollywood.

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A l'arrivée à l'internat, accueil traditionnel avec point rouge sur le front et pluie de pétales de fleurs et visite des travaux avant la tombée de la nuit, si rapide ici, près des tropiques. Les filles se portent beaucoup mieux d'avoir ½ seau d'eau chaude pour faire leur toilette dans les « douches » rénovées et utilisent volontiers l'aire de lavage du linge qui vient d'être aménagée. Encore une fois, il est bien de laisser les sœurs nous guider pour la nature des travaux. Jamais nous n'aurions pensé à ces douches sans point d'eau et ces toilettes sans chasse, à ces lavoirs sans eau...

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Mais pour nous l'accès à l'eau est si naturel que nous ne nous rendons pas compte combien elle est précieuse. Les travaux sont presque finis ici : Codegaz va encore subventionner des réservoirs pour récolter l'eau de la mousson, mais c'est peu de chose.

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Après le repas, spectacle de danse des filles : danses traditionnelles et Bollywood se mêlent et la soirée fini par une garba endiablée qui déborde largement de la piste. Faut dire que les filles ont de l'entraînement, Navrati est passé depuis peu.

La garba, c'est la danse traditionnelle du Gujarat et Navrati, une fête propre à cet état : pendant 9 jours tout le monde se retrouve dans des lieux dédiés pour danser ensemble pour finir en apothéose le neuvième jour pour fêté Durga, nom gujarati de Kali.

Le lendemain c'est dimanche, les sœurs nous invitent à les suivre à la messe qui a lieu dans le collège de garçons, de l'autre côté de la « rue » (on est en pleine campagne). Nous ne regrettons pas, même si nous ne comprenons rien au gujarati. C'est ça l'inculturation : les vêtements sacerdotaux sont indiens : étoles orange ou safran, chants accompagnés de tambours et, à la fin, passent 2 jeunes de chaque côté (garçons et filles sont séparés, bien sûr, et tout le monde est assis par terre), chacun avec un plateau : l'un supporte une lampe à huile que les participants entourent de leurs main et l'autre des petites boulettes de sucre, comme on en distribue dans les temple hindous.

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Précision utile : ces internats sont catholiques, mais aucun des enfants ne l'est, et surtout pas incité à le devenir : ce serait la mort du projet éducatif et de la confiance que font les parents aux sœurs sur ce point. Toutes sont hindouistes sauf une qui est musulmane (grande nouveauté). Mais pour une énorme majorité d'indiens l'existence de Dieu est une évidence et la prière et la méditation une pratique quotidienne. Le cadre a peu d'importance pour eux...

Nous partons ensuite voir les fabricants de briques, pauvres parmi les pauvres. Familles très démunies, qui passent de chantier en chantier, où les enfants travaillent aussi, malheureusement. Les sœurs entrent en contact avec eux et essayent d'améliorer un peu le sort de ces enfants, assez comparable à celui des roms chez nous.

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Puis cap sur Baroda, pour saluer Brother Martin, 87 ans, un frère jésuite basque espagnol mais de puis 67 ans dans le Gujarat. C'est un ingénieur et il a suivi pour nous les chantiers de Koth et de Baruch. Denis et lui s'entendent vraiment bien d'ailleurs. Nous retrouvons aussi Shali, venue de Baruch prendre le relais de Shaila qui repart à Koth : tout roule !

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Arrivée à Baruch le soir où le sourire de Maggie nous attend ! Repas partagé avec Stany Pinto, un jésuite responsable d'un collège pour les adivasi dans le nord du Gujarat. Maggie m'a prêté sa thèse, que j'ai commencé à lire : passionnant... Il nous parle de ses projets pour essayer de convaincre les villageoises de démarrer des petits élevages de poulets, et nous déroule l'argumentaire pour convaincre les femmes adivasi de se lancer dans l'élevage de poulet 

Ouf, journée plus que remplie et vous comprenez pourquoi je ne suis pas venue ici tout de suite ! Sans compter le temps qu'il faut compter pour télécharger les photos... Aujourd'hui c'est le 13 Novembre en fait et les lumières et les pétards de Diwali sont partout ! Mais vous aurez les détails plus tard !

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